Prenez conscience

Les pays industrialisés comptent, aujourd'hui, un grand nombre d'animaux de compagnie : en l'an 2000, la France possède environ 60 millions d'habitants et 47 millions de tels animaux. Chats et chiens forment les plus gros contingents, mais on note, ces dernières années, une très large diversification des espèces possédées et l'apparition de "Nouveaux Animaux de Compagnie" (NAC). Tout cela engendre de nombreux problèmes, dont la cause est dûe principalement aux conditions d'adoption.

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Pour beaucoup de propriétaires, le choix d'un animal de compagnie se fait à la légère, sans mesurer les contraintes, les devoirs et l'engagement que cela implique. Un chiot ou un chaton est très mignon, mais il change rapidement de physionomie et va vivre généralement de 10 à 15 ans, parfois davantage.

Lorsque la gêne devient trop importante, en particulier lors des départs en vacances, l'animal est couramment abandonné, parfois dans des conditions misérables.

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Le corollaire est bien connu : ces animaux vont errer affamés dans la nature, formant parfois des populations semi-sauvages à la natalité galopante. Leur vie se termine souvent dans les fourrières (où ils ne tardent pas à être euthanasiés) ou dans des refuges, trop souvent surpeuplés. Les abandons de chats et de chiens, en France, se comptent chaque année par plusieurs dizaines de milliers.

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Les associations de défense des animaux travaillent pour faire adopter ces pauvres animaux, mais aussi, pour faire prendre conscience de la responsabilité morale qu'implique un acte d'adoption. Elles dénoncent l'animal-objet, la commercialisation des animaux comme des jouets ou des produits de consommation courante. Leurs critiques portent souvent sur les commerces d'animaux, tout en faisant la distinction entre les animaleries soucieuses d'éthique et celles uniquement préoccupées par la recherche du profit. En 1999, à la demande du ministère de l'agriculture, deux rapports accablants ont été établis à ce sujet. Le rapport Legeay (professeur à l'école vétérinaire de Nantes) dénonce ainsi la présence de beaucoup de pratiques illicites dans ce commerce. Il pointe du doigt les séparations précoces des bébés de leur mère, les transports pénibles, les lamentables conditions de vie des animaux sur les lieux de vente : manque de ventilation, d'aire de détente, d'infirmerie. Les animaux invendables (notamment pour cause de défaut physique), ou tout simplement invendus, ont un sort peu enviable, et l'auteur évoque les "dérives de toutes sortes" que cela peut engendrer. On pense bien sûr aux euthanasies sommaires et aux reventes débouchant sur des laboratoires.

LA VENTE EN ANIMALERIE DEVRAIT ETRE INTERDITE 

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Un phénomène inquiétant s'est fortement développé depuis les années 1990: les trafics d'animaux de compagnie en provenance des pays de l'est de l'Europe. Environ 100 000 chiots sont importés chaque année illégalement d'Europe de l'Est où ils sont élevés dans de très mauvaises conditions sanitaires. Le plus souvent élevés en batterie, les bébés de quelques semaines sont arrachés à leurs mères transformées en machine à reproduire. Puis entassés dans des caisses, ils sont transportés sur des milliers de kilomètres. Souffrant de la soif et de la faim, bon nombre d’entre eux tombent malades, meurent ou arrivent dans un état déplorable. Quatre chiots sur dix mourront avant leur arrivée en animalerie. Venant des pays où sévit encore la rage, ces animaux devraient avoir au moins six mois pour être vendus en France. Mais, au mépris des règles, ils sont revendus bien en dessous de cet âge à des animaleries et des éleveurs français. La réglementation française interdit l’importation de chatons et de chiots d’origine hongroise, tchèque ou polonaise, mais la législation belge, beaucoup moins contraignante, autorise l’entrée de ces animaux dès l’âge de 7 semaines. Vaccinés et dotés d’un carnet de santé belge dès leur arrivée, les animaux deviennent des ressortissants de l’Union Européenne et peuvent aussitôt entrer en France le plus légalement du monde.

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Les animaux présentent souvent des maladies extrêmement contagieuses, fréquentes dans les chenils et élevages surpeuplés ou insalubres. La toux de chenil, la maladie de carré, l’infestation par les vers et les gales sont les plus courantes et peuvent être fatales pour le nouvel arrivant. Malformations, dysplasies, problèmes cardiaques et respiratoires, sont également monnaie courante. Les problèmes psychologiques sont nombreux également. On retrouve ainsi des chiens mordeurs, agressifs, peureux, destructeurs, anxieux, ou pouvant développer un syndrome d’hyper-attachement.

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C'est ainsi qu'à la souffrance animale s'ajoute le mécontentement des acheteurs, qui cèdent à un achat compulsif en animalerie, payent très cher un animal qui ne tarde pas à tomber malade ou parfois à mourir.



Que faire ?

* Ne pas considérer l'animal comme un produit de consommation courante, un objet que l'on achète et jette après usage; réfléchir longuement aux conséquences, contraintes et devoirs de la vie avec un animal. 
* Ne surtout pas céder à la tentation d'acheter rapidement un animal très mignon dans une animalerie.

* Eduquer les enfants, leur apprendre le respect des autres espèces que la nôtre, ne pas leur offrir d'animal de la même façon que l'on offre un jouet.

* Ne pas imposer des conditions de vie incompatibles avec les nécessités biologiques des espèces concernées: emprisonnement en cage, conditions climatiques inadaptées..
* Si l'on décide finalement de prendre un animal, aller de préférence adopter un animal abandonné dans un refuge plutôt qu'en acheter un à un commerçant.
* Etre vigilant sur le bien être de son animal, et sur celui des autres: appeler les pompiers (et une association de protection) si une voiture est exposée au soleil avec un chien à l'intérieur; signaler à la police toute personne maltraitant un animal.
* Recueillir ou faire stériliser des chats (ou chiens) vivant dans un état semi-sauvage (animaux abandonnés ou descendants d'animaux abandonnés).

* Demander au personnel politique l'adoption de contrôles beaucoup plus stricts des importations et des ventes d'animaux.

* Demander également la participation financière de l'Etat et des collectivités locales pour les stérilisations et les soins des animaux des refuges, des animaux appartenant à des personnes défavorisées, et des chats errants

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